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Jean Marie Aboganena: «Une polémique entre le PM et le Mincom a impacté négativement le Sago 2015»

 

Le directeur général Jama Conseils, consultant Ccima, apprécie l’organisation de la quatrième édition du Sago.

Quel regard portez-vous sur le déroulement du Sago 2015 ?

Globalement l’événement est en train de se tenir normalement et les exposants apprécient la participation. Nous ne pouvons que saluer les organisateurs pour avoir tenu ce pari. Le Sago 2015 aurait pu être un très grand événement dans la mesure où le concept a déjà acquis une grande notoriété. Il devrait donc connaître une participation, des plus fortes et fructueuses.

D’après vous, qu’est ce qui explique cette situation ?

Quelques jours avant le début de cet événement, une vaine polémique est née entre le Premier ministre (PM) Yang Philémon et le ministre de la Communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakari. Cette polémique qui a impacté négativement l’édition 2015 était liée à la dé- nomination du salon que le PM ne semblait pas partager ou apprécier, il aurait même instruit au Mincom de demander à Patrice Assiga, promoteur du Sago, de changer cette dénomination. Par la suite nous avons appris que le gouvernement avait débloqué une somme de 50 millions de FCFApour accompagner les activités du Sago.

Que pensez-vous de cette attitude du gouvernement ?

C’est vraiment regrettable qu’un événement qui a fait courir du beau monde l’an passé connaisse un succès quelque peu mitigé. On peut mettre cela au cré- dit de cette campagne qui a précédé sa tenue. Je le dis pour le regretter que nous soyons dans un pays où les gens passent beaucoup plus de temps à se battre qu’à se mobiliser pour des causes générales, alors que nous parlons de l’émergence en 2035. Je me demande si on peut émerger avec de tels comportements. Je suis à la fois choqué et indigné d’évoluer dans un tel environnement. Cette situation impose une intervention de la plus haute autorité pour mettre fin à ce genre de pratiques. Par ailleurs, si le gouvernement a débloqué de l’argent, il est inconcevable de ne pas avoir un seul ministre qui participe aux travaux.

Quelle appréciation faites-vous de la conférence animée par la chambre de commerce ?

La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (Ccima) est une institution consulaire qui œuvre pour l’accompagnement des entreprises camerounaises tant sur le plan national qu’international. Elle a bien voulu être au Sago pour vulgariser ses missions et les différentes activités qu’elle mène. Ce qui a été merveilleusement fait par les deux dames qui ont présenté les exposés. On vous a senti très proche de la Ccima. Pourquoi ? Jama Conseils, est partenaires avec la Ccima dans l’organisation de la participation du Cameroun à la foire international d’Abuja qui se tiendra au Nigeria du 18 septembre au 02 octobre 2015.

Pourquoi un si grand intérêt pour le Nigeria ?

Le Nigeria en tant que première économie du continent peut servir de locomotive au Cameroun dans la mesure où c’est un pays industrialisé qui appartient au groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde (G20). Le Cameroun gagnerait donc à partager son expérience et son expertise. Il pourra ainsi nouer des partenariats avec des industriels nigérians pour venir industrialiser le pays, car un pays n’atteint pas l’émergence avec des bureaucrates, mais avec des industries. Si on prend un secteur comme l’agriculture, quelque soit le niveau de production que le Cameroun peut atteindre avec ses 22 millions d’habitants, il sera facile de l’écouler dans ce vaste marché de 200 millions d’habitants. La proximité et les facilités d’accès entre les deux pays militent amplement dans ce sens.

 

altPropos recueillis par Simplice Oyono


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