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Energie électrique : Eneo propose l’augmentation des tarifs

Une réunion interministérielle relative à l’approbation de cette hausse de prix par l’entreprise se tient ce jour à la primature.

Sauf retournement de situation, les tarifs d’électricité au Cameroun vont connaître une hausse cette année 2015. En tout cas, « Energy of Cameroon » (Eneo) y travaille. Ce jeudi 16 juillet, Philémon Yang, le Premier ministre, va à cet effet présider une ré- union interministérielle relative à l’approbation des tarifs de vente d’électricité que propose l’opérateur historique du secteur au titre de l’année 2015. Et pourtant, dans une interview publiée le 8 juillet 2015 dans le quotidien à capitaux publics, Cameroon tribune, Jean pierre Kedi, le directeur général l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) déclarait que, grâce aux pénalités que son institution inflige à Eneo à cause des délestages, il n’était pas possible de connaître une hausse du coût du kilowatt/heure.

« Lorsque nous étudions les tarifs pour l’heure, ils devraient rester neutres parce que l’application de la pénalité de 2014 a permis de neutraliser le tarif (…) Cette pénalité se chiffre à un peu plus de 4 milliards de F. Mais je peux vous dire qu’avec tous les délestages qu’on a connus, il y a de fortes chances que la pénalité de 2015 soit élevée, puisque ce sont ces éléments qui constituent la pénalité », rassurait alors M. Kedi. Et d’ajouter qu’une enquête auprès de 11 000 consommateurs a montré que les Camerounais se sont déclarés en faveur du prix le plus juste de l’électricité, pourvu qu’il soit constant et de bonne qualité. Traduction : les Camerounais ne verraient pas d’inconvénients si le tarif du kilowatt/heure connaissait une hausse, à condition que le service fourni par l’opérateur historique du secteur de l’électricité soit de bonne qualité. Ce qui est loin d’être le cas à l’heure actuelle. En témoigne les délestages que connaissent les ménages début de l’année 2015.

Même Joël Nana Kontchou, le directeur général d’Eneo, reconnaît que la qualité du service fournit par l’entreprise qu’il dirige n’est pas des plus brillantes. A preuve, à l’occasion de l’ouverture de l’université du GICAM le 26 juin 2015 à Douala, il a déclaré que Eneo ambitionne encore de réduire de 70% sur 5 ans la durée moyenne annuelle de la non fourniture d’énergie au client de 105 à trente-cinq heures En outre, elle veut remplacer ou réparer 400 000 poteaux bois au cours des 5 prochaines années, créer de 4 à 5000 nouveaux postes de distribution basse tension dans le cadre de la lutte contre les baisses de tension et de réduction des pertes techniques ; assouplir fortement les modalités de branchements et de paiement de ses prestations, multiplier les moyens de paiement électroniques afin de réduire les files d’attente dans les agences commerciales, etc.

Pour ce faire, le coût des investissements sur les 10 prochaines années est d’environ 3700 milliards de FCFA. Soit 2500 milliards destinés à la production pour un objectif de puissance installée d’au moins 3 000 MW à l’horizon 2025, et 700 milliards dans le transport. Le rapport qualité-prix est encore mis à rude épreuve.

 

altSylvain Andzongo


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