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LE MONDE

Si le président français compte autant de détracteurs derrière lui, c’est qu’au-delà du travail effectué, il aurait eu de mauvais rapports avec des personnalités proches, et parfois, des hommes et femmes de culture très aimés par les Français, qu’ils soient dans son propre rang ou issus d’une formation politique de l’opposition. C’est le cas par exemple de Brigitte Bardot, qui s'estime trahie par Nicolas Sarkozy, et s'apprête à voter Marine Le Pen, «seul recours» selon elle

A 77 ans, Brigitte Bardot n'a pas l'intention de se taire. Après tout, elle aussi a droit à sa part de buzz. Ses positions politiques extrêmes font aujourd'hui la Une du journal Var Matin. L'interview intégrale est à lire dans le quotidien papier, mais le site internet du titre en relaie un extrait.


La pasionaria de la SPA se concentre dans cette interview sur ceux qu'elle appelle les «animaux politiques». Et si elle choque par ses idées, elle s'en «tamponne le coquillard».
Peu de discussions sur le fond, en tout cas dans l'extrait en ligne, mais quelques qualificatifs dont B.B. affuble les candidats. Poutou? Un «brave type». Eva Joly? «mignonne», Cheminade? Un «rigolo»...François Hollande? C'est non.


Elle frappe fort sur Nicolas Sarkozy. Selon elle, le président candidat a trahi. Elle avoue aujourd'hui un «dégoût de ce type». Certainement pour ce qu'elle considère comme sa responsabilité dans l'augmentation de laproduction de viande halal. Le 5 mars dernier, Brigitte Bardot s'était en effet émue via une lettre adressée au président: «Cet abattage cruel, qui peut entraîner l’agonie des bovins pendant 14 minutes après avoir eu la gorge tranchée, cette barbarie immonde représente aujourd’hui 51% des abattages en France alors que vous m’aviez fait la promesse, lors des entretiens que vous m’avez accordés, que vous mettriez un terme à cette barbarie.»


La sauveuse est donc Marine Le Pen. «Seule recours pour nous sortir du b...». En février dernier, elle avait écrit à des élus régionaux pour les prier d'apporter leur signature à la candidate du FN: «une défenseuse des animaux» comme elle mais aussi une candidate qui a «le courage de redonner à notre pays «La France» la place qu’elle doit occuper dans le monde».
Depuis quelques années, Brigitte Bardot exprime ses idées très à droite, très anti-musulmanes, très méprisantes à l'égard des population issues de l'immigration. Elle a déjà été condamnée quatre fois par les tribunaux en 1997, 1998, 2000 et 2004 pour incitation à la haine raciale.


D’autres détracteurs
En plus de Brigitte Bardot, Nicolas Sarkozy doit faire face à une autre déception, d’une autre ministre d’ailleurs toujours en exercice. C’est le cas de Chantal Juanno, ministre des sports, qui accuse le président. «Sarkozy m'avait traînée dans la boue... Ou du moins désavouée» s'explique Chantal Jouanno


Elle assume. «Après Amara et Hirsch, j'ai aussi des raisons personnelles d'être contre Nicolas Sarkozy, mais je voterai pour lui car il est le seul à oser», écrivait-elle mardi soir dans un tweet sans plus de précisions. Ces précisions, elle les a données à 20 Minutes. «J’ai eu des oppositions violentes avec Nicolas Sarkozy, notamment sur la taxe carbone. Il m’avait alors trainée dans la boue... Ou du moins, désavouée violemment.» Des «passes d’armes avec Sarkozy, il y en a eu d’autres», ajoute-t-elle. Par exemple, «sur la réintégration de Franck Ribéry dans l’équipe de France». A l’époque secrétaire nationale aux Sports, Chantal Jouanno s’y était opposée. «Nicolas Sarkozy m’a dit: ce n’est pas ton boulot». Mais les désaccords «les plus violents ont été sur les questions écologiques. Tout le monde le sait, c’est de notoriété publique.»alt


Pour autant, Chantal Jouanno appelle à voter pour Nicolas Sarkozy, le plus compétent, selon elle. «J’ai écrit ce tweet parce que j’étais scandalisée de la position de Hirsch et Amara qui, eux, n’ont jamais eu de problèmes de fond» avec Nicolas Sarkozy. A l’UMP, son tweet a fait grand bruit, certains évoquant des mesures de rétorsion contre elle. «Ca serait fort de café que quelqu’un qui appelle à voter Sarkozy se prenne un missile», affirme celle qui pointe du doigt un «deux poids deux mesures», en référence à Rachida Dati qui passe son temps à «insulter» le Premier ministre. Mais «Copé veut ma tête depuis longtemps, c’est clair», conclut-elle. L'entourage du secrétaire général de l'UMP dit toutefois exclure des sanctions même s'il se dit «surpris et étonné» par le tweet de la sénatrice de Paris.


Jeudi, l’ancienne ministre devrait être «normalement» présente à la réunion publique de Nicolas Sarkozy à Saint-Maurice (Val-de-Marne), assure-t-elle. A 13h, elle n’avait pas eu de contacts directs avec l’équipe du candidat au sujet du tweet. «Olivier Biancarelli [conseiller de Nicolas Sarkozy en charge des relations avec les élus] a juste essayé de me joindre mais j’étais en déplacement.»
Des désistements qui frapperaient un fort contre la campagne du président-candidat, alors qu’il est crédité par les sondages, en tout cas pour la pupart d’entre eux, d’une seconde place au premier tour, et d’une défaite cuisante au second tour, face à François Hollande.


Pourtant, l’heure n’est pas à la queurelle, demande une autre ministre déboutée. L’heure est à l’union. Rama Yade, puisqu’il s’agit d’elle, estime dégueulasse les dernières réactions de ses anciens homologues : Fadela Amara, Martin Hirsh, Brigitte Bardot, et Chantal Juanno qui ont annoncé leur soutien au candidat PS, les qualifiant d'"opportunistes" et de "lâches" dans un entretien au Parisien à paraître jeudi.


Interrogée sur les récents soutiens apportés par M. Hirsch et Mme Amara à François Hollande, l'ex-ambassadrice de l'Unesco s'insurge: « Quels opportunistes : c'est maintenant qu'ils se rappellent qu'ils ont été socialistes ? Si le PS était si formidable, pourquoi ces ralliés de la dernière heure n'ont-ils pas fait avec lui le RSA, la rénovation urbaine, le Grenelle de l'environnement... » « Ce qu'ils font est dégueulasse ! », juge Mme Yade, prédisant que « cette façon de faire de la politique va dégoûter les Français, ils porteront sur ces gens-là un jugement très sévère ».


Rama Yade, l'une des icônes déchue de la "diversité" de Nicolas Sarkozy, a elle-même connu des rapports tendus avec le parti majoritaire depuis son départ du gouvernement en novembre 2010.
"Moi aussi j'aurais pu rompre, mais je suis fidèle à ma famille politique. Il y a plus de courage à se battre pour ses idées au sein de sa famille politique que de prendre ses jambes à son cou à quelques jours du premier tour, comme des lâches", assène-t-elle.


D'après Mme Yade, "Nicolas Sarkozy a évolué, a montré un esprit d'écoute et d'ouverture", citant à l'appui "ses propositions sur l'école, la banque de la jeunesse ou le surendettement".
Après Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou encore Valérie Pécresse, Mme Yade lance elle-même un appel à François Bayrou: "Je respecte son courage et son indépendance. Mais cette dernière ne serait en rien entamée s'il soutenait Sarkozy. On a besoin de lui."


Le premier tour aura lieu dans trois jours, pourtant, on a l’impression que la campagne ne fait que commencer, et que les coups bas, on en verra encore davantage au cours de cette présidentielle de toutes les surprises.


Frégist TCHOUTA


 

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