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« Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres ». Que de jeunes vous ont chanté. Que de patriotes ont donné leur vie pour te voir clamée, que de footballeur t’ont défendu, que de Camerounais t’ont célébré. Depuis Afane au lendemain des indépendances jusqu’à ce jour, l’hymne national est resté le principal lien de rassemblement des camerounais. Anglophones et francophones te chantent, malgré la langue différente.

Selon qu’on est d’obédience anglophone ou francophone, l’hymne national du Cameroun est chanté de manière différente. Une situation qui préoccupe des universitaires. Ainsi, la faculté des arts, lettres et sciences humaines de l’université de Yaoundé I organise ce mercredi 11 avril 2012, le «mercredi des grandes conférences» sur le thème : «L’hymne national du Cameroun à l’épreuve de l’harmonisation».


Comme panélistes, on retrouvera Gervais Mendo Ze, qui se proposera, afin de partager ses convictions personnelles sur le chant patriotique et de dégager les voies et moyens d’une harmonisation, de dérouler le ruban des repères historiques de l’hymne national pour situer le contexte de sa création, question de mieux comprendre la nécessité d’une harmonisation. Le linguiste, producteur des œuvres de théâtre produira un regard croisé des versions anglaise et française du chant de ralliement dans le but de proposer une traduction concrète de la version française en anglais.


Le deuxième intervenant sera Samuel Efoua Mbozo’o, docteur d’Etat ès lettres, option histoire et relations internationales et enseignant d’histoire à l’Université de Yaoundé I. Ce dernier reviendra sur la genèse de l’hymne national du Cameroun. «Des voix de plus en plus nombreuses et persistantes s’élèvent aujourd’hui pour déplorer le fait que deux versions de l’hymne national camerounais continuent de cohabiter. Aussi, comme en 1970 lorsqu’il s’est avéré que des mots tels que barbarie ou sauvagerie de la version originelle de 1957 étaient devenus anachroniques, on les a remplacés aussi, disions nous, les mêmes voix proposent-elles que le temps est venu aujourd’hui d’harmoniser les deux versions de notre hymne pour renforcer l’unité et l’intégration nationales. C’est ce débat que je souhaite ouvrir avec l’auditoire pour que, ensemble, nous réfléchissions en vue d’un modus vivendi accepté de tous », souligne Efoua Mbozo’o.alt


Pour sa part, le troisième intervenant, Thomas Théophile Nug Bissohong pense qu’ « il importe et convient que soit conjurée l’incongruité et ses racines arrachées. Nous nous devons donc de produire et d’adopter un texte unique qui exprime notre vision propre puis articulée de l’identité et de l’unité de Cameroun ; avec en toile de fond la valorisation des aspects du patrimoine culturel et spirituel dont ont sent qu’ils peuvent constituer durablement une référence commune à tous égards, aujourd’hui et demain.
Au cœur du discernement du projet doivent nécessairement se trouver l’université et d’autres corps sociaux pourvoyeurs de sens, de mise en œuvre relevant quant à elle de l’autorité politico-administrative, à qui rien ne manque pour cela », croit savoir l’enseignant en littérature africaine. Le débat de ce mercredi prévu à l’amphithéâtre 700 de l’université de Yaoundé I aura comme modérateur Jean Emmanuel Pondi, secrétaire général de cette université.


En plus de ces voies choisies par les panelistes du jour, l’espoir est de ne pas oublier les termes forts qui ont poussé ceux-là qui nous ont précédés à donner leur vie pour notre pays. La colonisation, la liberté, la paix, l’unité, et l’amour. Les mots barbarie tant refutés par la puissance coloniale, obligeant les camerounais à créer une autre version de l’hymne, doivent garder leur place. Car c’est dans ce contexte que nous avons combattu, et que nous avons obtenu notre indépendance.


Cette harmonisation qui sera achevée, on l’espère ce jour, est mise sur les mains d’éminents intellectuels camerounais qui ont montré un certain savoir-faire, et des connaissances certaines du Cameroun et de son histoire. Même s’il est vrai que ces mêmes hommes se sont parfois laissés séduire par les fleurs de la politique et de l’appartenance au parti au pouvoir. Nous croyons qu’il ne sera pas question de réfuter le combat mené par Um Nyobe, Ernes Ouandjié, Félix Moumié, etc., mais  bien de le valoriser, pour que les générations futures, en chantant notre hymne, n’oublient jamais que des hommes et femmes sans armes, ont lutté pour cet hymne.


Frégist TCHOUTA


 

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