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POLITIQUE

Le président de la république du Cameroun devient de plus en plus rigoureux. Les directeurs généraux, ministres et autres personnes occupant des hautes fonctions de l’Etat sont sous pression. Un faux pas et vous êtes renversé puis remplacé. Les grandes réalisations sont en marche. Le directeur général de l’hôpital génico-obstétrique de Yaoundé vient d’être limogé.

Doh Anderson Sama n’est plus directeur général de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) depuis vendredi dernier. Par un décret, Paul Biya a mis un terme à la mission de ce professeur de médecine à la tête de cette officine publique au centre d’une controverse depuis que l’«affaire Vanessa Tchatchou» défraie la chronique au Cameroun. Il a été remplacé par Fru Angwafor III, actuel secrétaire général du ministère de la Santé publique et fils du Fon Angwafor de Mankong, dans la région du Nord-Ouest.  Par la même occasion, le chef de l’Etat a  nommé un nouveau président du conseil d’administration dudit hôpital en la personne de Charles Salé, ancien ministre de l’Industrie et ancien maire de Belabo à l’Est Cameroun.

Doh Anderson Sama paye ainsi chèrement la disparition, sous couveuse, d’un bébé dans son institution le 20 août 2011 : le nouveau-né de Vanessa Tchatchou, devenu depuis janvier dernier une affaire d’Etat. Dès l’éclatement de ce scandale, en effet, M. Sama a, par diverses initiatives, tenté d’expulser l’infortunée de sa formation. Tout se passait comme s’il se préoccupait davantage de l’image de l’Hgopy que du sort d’un nourrisson et du traumatisme des siens. Dans une interview à Cameroon Tribune, Doh Anderson Sama avait, avec aplomb, affirmé que «le suspect est une jeune femme qui a dû profiter d'un moment d'inattention pour voler le bébé et s'enfuir», et qu’elle «serait passée par un portail qui débouche sur l'entrée du camp des Chinois, situé derrière l'établissement hospitalier».

paul_biyaSi c’est Biya qui doit prendre sur lui de limoger un Directeur d’hôpital, ça dit beaucoup sur les actuels Ministres Mama Fouda (Santé Publique) et Angouen (Fonction Publique). Ceux-ci ne pouvaient-ils pas déjà suspendre l’ex-Directeur de l’hôpital, au moins afin de protéger tout ce qu’il y avait comme restant d’information sur le cas Tchatchou ? Pourquoi l’ont-ils laissé en poste de si long mois encore ?  Et les collaborateurs de l'ex-Directeur de l’hôpital, sont-ils toujours en poste ? Si oui, dans quel intérêt ?

Et encore : malgré les soupçons graves qui pèsent sur notre ex-Directeur et sa gestion de cet établissement, ira-t-il librement en vacances cette année aux Etats-Unis, ou alors, au-delà de son limogeage, il recevra une autre sanction lourde équivalente aux dégâts enregistrés à l’hôpital génico- obstétrique.

Ce pays aurait un autre visage si le chef de l’Etat depuis 30 ans prenait véritablement les choses en main. C’est vrai, avec la délégation des pouvoirs, les ministres sont appelés à oser, à prendre des décisions strictes relevant de leur domaine de compétence. Mais c’est une erreur que de penser ainsi. Car ils sont plusieurs à manquer de courage. Le président Paul Biya l’a si bien compris et ne tarde plus pour réagir. Il a désormais les yeux fixés sur tout. Nicola Sarkozy, dès son élection en France comme chef de l’Etat était critiqué par tous. Tellement il intervenait sans transition dans les prises de décisions dans les différents ministères. Il avait lui-même affirmé qu’en cas d’échec d’un Ministre, c’est lui, le chef de l’Etat qui aura échoué. De même, en cas d’échec des membres du gouvernement, c’est Biya qui portera le chapeau. Raison pour laquelle, il devra comme il a commencé, persévérer dans l’optique de proréactivité


 

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