| 

POLITIQUE

Le prix du carburant pourrait augmenter dès ce mois de janvier 2012. Cette hypothèse fait son chemin au Cameroun. Les autorités tentent de rassurer. Dans un communiqué   rendu public en fin décembre 2011 par le directeur général de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH),  Ibrahim Talba Malla tante  de persuader les populations  que «l’augmentation des prix du carburant n’est PAS ENCORE à l’ordre du jour».

Mais, les autorités reconnaissent que la subvention de l'Etat sur le prix du carburant devient "difficilement soutenable". En effet, pour chaque litre de super par exemple, l'Etat paye 200 francs CFA par exemple en plus de ce que le consommateur paie à la station. Rien que pour l’année 2011, apprend-on, la subvention totale de l’Etat sur les produits pétroliers se situe à 323 milliards FCFA, contre 145 milliards FCFA en 2010. "Il faudra bien choisir un jour entre construire des routes ou subventionner le carburant" avait déjà déclaré l'ancien ministre des Finances lors d'une réunion à Yaoundé.

Au Cameroun, le prix du carburant est une véritable poudrière sociale. En fin février 2008, une tentative d’augmentation de ces prix avait abouti à une grève des transporteurs qui a dégénéré en "émeutes de la faim" et s’était soldée par des grèves ayant embrasé une bonne partie du Cameroun, station_serviceet qui ont fait officiellement 42 morts. D'ailleurs, dès le début de la rumeur sur une probable augmentation du prix du carburant, les syndicats de transporteurs menaçaient d’appeler à un arrêt de travail si la rumeur d’augmentation des prix du carburant à la pompe était avérée. Au Cameroun, de nombreux diplômés, faute d'avoir du travail se reconvertissent dans le transport des usagers avec des motos et des taxis. Ces derniers nourrissent des centaines de familles avec les revenus de cette activité. En outre, une augmentation du prix du carburant se répercute souvent assez facilement sur le prix du transport des personnes et des marchandises. Ce qui entraîne une augmentation du côut des produits dans un pays où le niveau de vie et les prix sur le marché sont de plus en plus insupportables pour les populations.

Déjà, les pouvoirs publics voulaient  revoir sans le dire, la péréquation en vigueur sur les produits pétroliers au Cameroun. Cette annonce avait  été faite le 21 Mars 2011 par M. ESSIMI MENYE, alors Ministre des Finances, à l’issue d’une rencontre avec une mission du FMI (Fonds Monétaire International). Il faut rappeler qu’en vertu d’un accord signé en 1997 avec le FMI, le gouvernement s’était engagé à homologuer les prix de vente au détail des hydrocarbures en fonction des cours du pétrole sur les marchés mondiaux. Lorsqu’on connait la part des taxes sur les tarifs actuels, on peut aisément déduire que tout nouveau réajustement de l’imposition sur les activités aval du secteur pétrolier aura automatiquement une incidence sur les prix à la pompe. L’annonce de M. ESSIMI MENYE cachait donc mal la volonté du gouvernement de modifier la grille tarifaire des produits pétroliers, afin de satisfaire aux exigences de son « partenaire financier »

Le prix du transport urbain et interurbain a sérieusement connu au Cameroun une hausse considérable. Les  conducteurs de taxis, mototaxis, et responsables des agences de voyages ont revu à la hausse le prix du transport, pour le grand malheur de la population. Cette augmentation avait été à l’origine d’une sérieuse grève que le gouvernement ne voudrait pas qu’elle recommence à nouveau. Ce qui expliquerait sa posture à vouloir à tout prix rassurer les populations même si l’évidence est là. Il gagnerait donc à maintenir cette posture et à continuer les subventions de sorte à éviter que les consommateurs ne ressentent des modifications à la pompe. Malheureusement, les professionnels du secteur estiment que cette hausse sera inévitable au regard des agitations gouvernementales et des difficultés que connaît le   secteur des hydrocarbures au Cameroun.


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

ad-test2

ad-test3