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BUSINESS

Au 30 avril, le tableau des exportations signalait 215 000 tonnes soit bien plus que les 190 000 tonnes de l’ensemble de l’exercice 2009-2010.

ll y quelques jours, le directeur général de l’Office du cacao et du café du Cameroun (ONCC) annonçait non sans fierté l’amélioration substantielle des chiffres de la production cacaoyère nationale en 2011. Le cacao camerounais a, à l’évidence, retrouvé une nouvelle jeunesse. C’est assez pour rêver d’un vrai printemps cacaoyer au Cameroun. Il faut dire que dans la même période, une délégation de chocolatiers suisses a séjourné au Cameroun pour rencontrer les acteurs du secteur cacaoyer et dire tout le bien qu’ils pensaient des fèves camerounaises qui sont réputées être d’une qualité particulièrement recherchée. Les Suisses s’apprêteraient à labelliser le cacao camerounais pour en faire une référence sur le marché international. En somme, tout irait pour le mieux pour la cacaoculture camerounaise.

Hélas, il semble que les choses ne soient pas si simples. Car, si le défi de l’amélioration quantitative de la production nationale est en passe d’être progressivement relevé, si les puristes reconnaissent quelque qualité intrinsèque aux fèves produites localement, de gros efforts restent à faire pour rendre la production nationale compétitive sur le marché mondial. En effet, les acteurs même de la filière semblent reconnaître que la production nationale accuse encore le coup de pratiques rétrogrades voire dangereuses qui plombent tous les efforts déployés pour maintenir le cacao camerounais dans le peloton de tête mondial.

« La quantité ça va. Mais maintenant, la qualité reste un défi. On sait que le Sud-Ouest, qui est la région qui produit presque la moitié de la récolte du Cameroun, est une zone très pluvieuse. Le fait que cette région soit très pluvieuse pousse les planteurs à sécher le cacao sur le feu de bois. Ça donne au cacao un goût de fumée qui se retrouve après dans le chocolat. Il faut le réduire. Dans nos mélanges de cacao, pour faire le chocolat, on peut utiliser 10 à 15% maximum, du cacao camerounais, juste pour diluer ce goût de fumée. Cela veut dire que si le Cameroun veut attirer d’autres investisseurs que Barry Callebaut, il faut investir au niveau de la qualité. » Le constat est de Barth Willems, directeur général de l’entreprise Sic cacaos, du groupe Barry Callebaut, un des plus gros acheteurs du cacao camerounais. Il en dit long sur les efforts à fournir par les producteurs.

cacao2Les mauvaises pratiques qui mettent à mal la qualité du cacao camerounais sont connues : le séchage du cacao sur le goudron. « Le goudron sent mauvais par rapport au cacao. L’effet de la chaleur fait que les particules du goudron se collent à la fève. Et lorsque le cacao arrive chez l’acheteur, il détecte rapidement ces anomalies et taxe notre cacao de mauvais », explique un acteur de la filière. On peut aussi noter le non respect de certaines normes dans la production. Que la cueillette soit bien faite et que la cabosse soit bien coupée. On relève enfin, le non respect des délais de fermentation, qui doivent être en moyenne de six à sept jours.

Pour y remédier et améliorer la qualité du cacao, les organismes dédiés (le Fodecc, le CNCC, le CICC) s’investissent comme ils peuvent à travers les bassins de production du pays. Ainsi, « le Fodecc a financé plusieurs projets qui vont sur le terrain, et organisent des séminaires et ateliers au cours desquels des conseils pratiques sont prodigués aux producteurs », confie une source bien introduite. Selon la même source, « on n’est qu’au début. Le retour est assez encourageant. Et à la fin de chaque séminaire de formation, les séminaristes témoignent d’un réel apport sur leurs connaissances ». il est vraiment temps de changer les habitudes. La qualité et la compétitivité du cacao camerounais en dépendent.


 

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