| 

LE MONDE

Le Conseil national de transition libyen (CNT) a confirmé officiellement la mort de Mouammar Kadhafi. L'ancien dirigeant libyen, l’un des père du panafricanisme a été tué lors de sa capture près de sa ville natale de Syrte.

Confirmation de la mort de Kadhafi

« Nous annonçons au monde que Kadhafi est mort aux mains des
révolutionnaires ». La déclaration est signée du porte-parole officiel du Conseil national de transition libyen lors d'une conférence de presse ce jeudi 20 octobre 2011 à Benghazi. Le CNT qui a également déclaré dans la foulée que la ville de Syrte était « libérée ». Peu de temps avant, le coordinateur des opérations militaires au sein du gouvernement libyen de transition, Abdel Madjid avait déclaré que l'ex-leader libyen avait été capturé et blessé aux deux jambes et à la tête près de Syrte, alors qu'il tentait de fuir dans un convoi attaqué par l'Otan. « Kadhafi a été arrêté. Il est gravement blessé mais il respire encore », avait déclaré à l'AFP Mohamed Leith, un des commandants venus de Misrata, à l'ouest de la ville de Syrte. Mouammar Kadhafi était en fuite depuis la prise de Tripoli par les rebelles du Conseil national de transition (CNT) il y a deux mois. Il était donc a priori réfugié à Syrte. C'était une des hypothèses. L'ancien leader est né dans un village juste à côté. C'était sa ville préférée, là où s'étaient retranchés ses partisans. Il avait dit qu'il ne quitterait jamais la Libye.

Une bataille farouchekadhafi1

Cette bataille de Syrte a d'ailleurs été l'une des plus farouches, sinon la plus farouche, de la guerre en Libye. Dès le début, à chaque incursion dans cette ville, les forces pro-CNT ont enregistré de très lourdes pertes, entre dix et trente morts par jour. Les habitants de la ville combattaient bien souvent au côté des milices kadhafistes pour défendre la ville natale du colonel Kadhafi contre les actions rebelles. A aucun moment, la ville de Syrte ne s’est soulevée pour accueillir ces rebelles. A aucun moment, même lorsque la situation était totalement désespérée, les forces loyales du colonel Mouammar Kadhafi n’ont déposé les armes, profitant à chaque fois de l’extrême désorganisation des forces ex-rebelles, souvent victimes de tirs fratricides dans ces rues de Syrte. Au début, personne ne pensait que Kadhafi puisse se trouver là à Syrte après sa fuite de Tripoli autour du 20 août dernier. Mais au fil des jours, en voyant cette bataille acharnée, beaucoup d’observateurs commençaient à se dire que ces hommes se battaient sans doute pour quelque chose, que ces derniers fidèles défendaient sans doute quelqu’un.

Réactions internationales

« La guerre est finie » en Libye, a affirmé également ce jeudi le chef du gouvernement italien, moins d’une heure après les premières dépêches évoquant la disparition de Mouammar Kadhafi. « Sic transit gloria mundi », a commenté Silvio Berlusconi, un ancien proche allié du raïs ; une expression latine qui signifie « Ainsi va la gloire du monde ».

Peu après, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont salué « la fin d'une ère de despotisme » en Libye. « Le décès annoncé de Mouammar Kadhafi marque la fin d'une ère de répression au cours de laquelle le peuple libyen a souffert pendant trop longtemps. Aujourd'hui, la Libye peut tourner une page de son histoire et embrasser un nouvel avenir démocratique », ont affirmé les deux dirigeants dans un communiqué commun. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est réjoui de l'annonce de la mort du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi, y voyant « une transition historique pour la Libye ». Cependant, « le chemin à parcourir pour la Libye et son peuple va être difficile et rempli de défis », a-t-il ajouté.

kadhafi_2Le rôle de l'OTAN dans la capture de Kadhafi

Il a fallu recouper les déclarations officielles de l’Otan avec celles en provenance des différentes capitales pour se faire une idée du rôle des alliés dans les évènements. Si ce sont effectivement les avions de l’Otan, un mirage français et un drone américain, qui ont stoppé le convoi de Mouammar Kadhafi et donc permis aux insurgés de mettre la main sur l’ancien dictateur libyen, alors l’ Organisation du Traité de l'Atlantique Nord aura joué un rôle crucial dans la chute de Mouammar Kadhafi. Tout comme d’ailleurs les alliés ont constamment favorisé par leurs frappes les opérations menées par les insurgés depuis six mois. Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen a souligné le succès de l’opération alliée, mais il s’est gardé de tout triomphalisme. Cette modestie partielle et le quasi mutisme observé hier par l’Alliance sur le déroulement exact des évènements sont peut-être des signes de la volonté de l’Otan de ne pas paraître avoir outrepassé le mandat fixé par la résolution des Nations unies. Il y a un pas en effet, voire un sacré fossé, entre protéger des civils et soutenir une rébellion

Satisfaction de Barack Obama

Le président américain Barack Obama a estimé jeudi que la mort de Mouammar Kadhafi sonnait comme une mise en garde aux dirigeants autocrates du Proche-Orient et justifiait le bien-fondé de la nouvelle stratégie moins interventionniste des Etats-Unis. La mort de Kadhafi prouve que les régimes brutaux "finissent inévitablement par disparaître" et "marque la fin d'un long et douloureux chapitre pour le peuple libyen", a déclaré Barack Obama lors d'une allocution dans la roseraie de la Maison blanche. Le peuple de Libye a désormais "l'occasion de déterminer son propre destin dans une Libye nouvelle et démocratique", a ajouté le président américain. Barack Obama a également estimé que la mort de l'ancien "guide de la révolution" justifiait sa stratégie moins interventionniste, qui lui a valu des critiques à domicile.

La joie de Sarkozy

Dans un communiqué, le président français a estimé que "la disparition de Mouammar Kadhafi est une étape majeure dans la lutte menée depuis plus de huit mois par le peuple libyen pour se libérer du régime dictatorial et violent qui lui a été imposé pendant plus de quarante ans". "La libération de Syrte doit marquer, conformément aux engagements pris par le Conseil national de Transition, le début du processus agréé par le CNT pour établir en Libye un système démocratique dans lequel toutes les composantes du pays auront leur place et où les libertés fondamentales seront garanties", poursuit le texte publié par l'Elysée. "Comme depuis les premiers jours du soulèvement du peuple libyen contre l'oppression, la France est à ses côtés pour le soutenir dans cette démarche", a poursuivi le communiqué. "Une nouvelle page s'ouvre pour le peuple libyen, celle de la réconciliation dans l'unité et la liberté", conclut-il.

La France, qui a été le premier pays a reconnaître la légitimité du CNT, et la Grande-Bretagne ont été à la pointe de l'opération militaire de l'Otan engagée à la mi-mars qui a précipité la chute du pouvoir de l'ancien homme fort du régime libyen. Au début de son mandat, Nicolas Sarkozy s'était pourtant rapproché du colonel Kadhafi après la libération à l'été 2007 de cinq infirmières et d'un médecin bulgares, détenus pendant huit ans en Libye, dans laquelle le chef de l'Etat et son ex-épouse Cécilia avaient joué un rôle primordial. Le président français l'avait ensuite accueilli à Paris en décembre suivant pour une visite controversée de cinq jours qui avait fait grincer des dents jusque dans les rangs de son gouvernement. Mais début 2011, M. Sarkozy avait pris la tête de la coalition anti-Kadhafi pour éviter un "bain de sang" à Benghazi, le fief de l'opposition armée à celui qu'il a depuis qualifié de "dictateur".


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

WORLD

1. REVENGE

Medvedev Vows Punishment

For those behind Moscow's airport suicide bombing.

2. Arizona Shooting

Loughner Pleads Not Guilty

Before federal court in Phoenix.

3.HE'S BACK

Olbermann Breaks Silence

While Beck calls him world’s “biggest pain in the ass.”

4. Booted

Rahm Emanuel Kicked Off Chicago Mayor Ballot

Court says he doesn't meet residency requirements.

5. WORRISOME

Hezbollah Picks PM in Lebanon

Protests sweep nation in opposition.

SUITE

 

ad-test2

ad-test3