| 

POLITIQUE

Du train de réformes entreprises dans cette formation hospitalière spécialisée dans le traitement des maladies pulmonaires, la construction des bâtiments prend le pas sur la qualité des soins souhaitée par le public.

«Monsieur, je suis venu vous dire que nous avons déjà emmené le thermomètre». Debout sur le seuil de la porte de la salle de garde du Pavillon Pneumologie A de l’Hôpital Jamot de Yaoundé (HJY), la dame qui tient des propos murmure plus qu’elle ne prononce sa phrase. Les deux infirmiers en service cette nuit, ont compris, et vont aller vers le patient de suite, rétorque l’un d’entre eux. Avec les deux agents, il y a le reporter de l’hebdomadaire «Notre Santé» qui est venus chercher des informations sur le choléra. Notamment sur la disponibilité des sérums dont un stock important vient d’être alloué par le Royaume saoudien au gouvernement camerounais. Ils n’ont pas eu de problème de tensions de médicaments depuis l’ouverture effective le 21 juin de ce centre de contrôle du choléra (CCC), soutiennent-ils. Avant de relever qu’en plus des malades tuberculeux internés dans cette unité, ils ont à leur charge, ceux souffrant de choléra du CCC.

Au départ, indiquent-ils, on leur avait promis des primes pour ce travail supplémentaire, mais jusqu’ici, aucun frémissement n’est perceptible du côté de l’administration. Le bâtiment qui abrite ce service, et celui où est logé la pneumologie B sont de belles œuvres, fruits de la coopération entre le Cameroun et le Fonds Mondial. D’ailleurs, ils sont dédiés à Villmin et Laenec (sui sont-ils ?). Très aseptisé, l’ensemble de la structure est nettoyé par des agents d’entretien, «sauf les chambres qui sont laissées à la charge des malades qui utilisent pour cela leurs propres matériels» selon leurs dires. C’est d’ailleurs la même rengaine dans d’autres pavillons, où malades et gardes malades s’inquiètent des efforts consentis pour habiller l’hôpital, alors que la qualité des soins doit être améliorée. Pour ainsi dire, de grands travaux de construction tnont été réalisés à l’HJY ces deux dernières années. Depuis la prise de fonction de l’actuel Directeur, Yves Mathieu Zoa Nanga qui s’en réjouit.

Par exemple, le village psychiatrique est tout neuf, les anciens bâtiments ont été détruits et cèderont la place à d’autres bâtisses modernes. Dont au moins une, qui abritera la morgue qui va être délocalisée de son emplacement actuel, qui est à l’entrée et à l’extérieur de l’enceinte. Dans le même registre, on note l’extension du laboratoire, de la bronchoscopie, et de la radiologie. Egalement, la réfection de l’ancien pavillon pédiatrique en espace haut Standing réservé aux malades fortunés. Face à cette unité, un autre bâtiment toujours réservé aux VIP entre lesquels a été construit un hall d’attente meublé d’une demi dizaine de bancs récemment fabriqués. Ici et là au sein de l’hôpital ont été installé de belles plaques de signalétiques qui dévoilent la vocation de chaque bâtiment. Des services qui sont aussi l’objet de toutes les attentions et soulèvent l’ire des patients hospitalisés dans les poulaillers, du nom donné aux pavillons Central et II,  latéral I et II.  Qui se caractérisent par leur aspect négligé, parce que les malades font très souvent eux-mêmes le ménage dans leur chambre. Et même les toilettes avec leurs propres matériels malgré les doléances faites aux responsables de l’hôpital. Ils se plaignent aussi de la qualité des lits et matelas préhistoriques, selon leurs termes, qui ont besoin d’être renouvelés.

Quant aux soins, l’accueil aux urgences, et la mise en observation des patients est critiquée par de nombreuses personnes. Certains, disent-ils, «ont du lever le ton pour que leur parent y soit admis». Le samedi 24 septembre, trois lits sur les cinq que compte une des deux salles d’observation étaient occupés. Par des patients dont les parents regrettent d’être obligés d’aller faire certains examens au Centre Pasteur du Cameroun (CPC).  Dans les salles d’hospitalisation, les pensionnaires également fustigent cette pratique qui est très onéreuse, soit 7.000 Fcfa à verser au CPC pour l’analyse de contrôle des crachats, contre zéro franc lorsque l’appareil de Jamot fonctionne. Pour autant, es derniers saluent l’effectivité des gardes, et l’abnégation des paramédicaux dans l’observance des traitements. Notamment pour ceux des patients qui sont en sus immunodéprimés, et qui ont du mal à suivre leur  cure, poursuivent-ils. D’autres parts, les malades regrettent tout de même, que les personnels soignants leur demandent de moins en moins comment ils se portent. Même pendant les rondes, révèlent nos sources, «les médecins lisent seulement la fiche du malade et s’en vont». D’un service à un autre, on entend la même rengaine, que des infirmiers et aides soignants rejettent pour s’en plaindre.

Etant donné que, déclarent certains, depuis que les quottes parts sont payés à tout le monde, médecins et infirmiers confondus, que le programme de travail diurne et nocturne a été réorganisé, il n’y a plus de revendications des personnels. Certes, ajoutent ces agents, il y a toujours une ou deux choses à déplorer comme le traitement des personnels, les affectations et recrutements, et les déviances imputables aux proches collaborateurs du Directeur. Une dame en particulier, engagé à la direction qui «a été prise en flagrant délit de malversation financière», selon ces sources. Celle-ci aurait ainsi perçu des primes avoisinant les 300.000 Fcfa des noms d’infirmiers fictifs introduits dans le fichier des personnels. Comme elle, deux paramédicaux absents à leur poste de travail ont été privés de quottes parts pour une durée de deux mois. En général, tout va presque bien à l’HJY, avouent les personnels toutes catégorie confondue

Frégist TCHOUTA


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

ad-test2

ad-test3