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POLITIQUE

La cour  suprême a cassé tous les arrêts qui mettaient l’ancien maire RDPC de la commune de Njombé Penja dans le département du Mungo sous les verrous. S’appuyant sur les irrégularités constatées dans la procédure, le président de la collégialité a annulé en début d’après-midi à Yaoundé, les condamnations prononcées à son encontre  par le Tribunal de Grande Instance du Mungo à Nkongsamba en 2009 et de la Cour d’appel du Littoral en 2012. Paul Eric Kinguè respire désormais, l’air de la liberté après un total de 180 audiences en 8 ans. 

Comment 

Hors de l’enceinte de la Cour Suprême, un sourire, une joie à peine voilée, Paul Eric Kinguè a refusé d’écraser une larme devant la presse, mais il est resté égal à lui-mêmeet il a dit : « Notre justice est malade. L’acte que la Cour Suprême vient de poser est simplement l’arbre qui cache la forêt. Il ne faudrait pas que la Cour Suprême s’érige désormais en une juridiction qui vient corriger ce que les juridictions inférieures auraient du faire ».

La libération de ce jour par la chambre correctionnelle de la Cour Suprême de Paul Eric Kinguè fait suite au renvoi prononcé le 18 juin dernier sous le motif de la cour de voir déposer aux greffes les originaux des pièces du dossier. A l’audience de ce jeudi, le spectre du renvoi n’a jamais quitté les regards de nombreux curieux venus à cette énième audience. Pour la foule d’amis, membres de la famille, hommes de médias et simples curieux, le langage a été hermétique.

Le président de la collégialité prenant la parole a tenu à préciser à l’endroit de l’avocat général, que la Cour d’Appel du Littoral a fourni des photocopies des pièces du dossier certifié comme cela avait été demandé à l’audience du mois dernier. Un coup d’œil à la défense pour avoir fourni une compilation desdites pièces pour faciliter l’évolution des débats.

Mais ce qui reste frappant et restera à jamais dans la mémoire des présents, c’est le nombre des annulations prononcées au sujet de toutes les affaires concernant Paul Eric Kinguè.                        alt                                                                                                  

Pourquoi 

L’ancien maire de la commune de Njombé Penja sous la bannière du Rassemblement Démocratique du Peuple camerounais-RDPC-, parti au pouvoir, a saisi la cour suprême pour casser les décisions des juridictions inférieures qui l’avaient condamné en janvier 2009 à six ans de prison pour pillage en bande organisée. Il était typé comme étant le meneur des émeutes de la faim de février 2008 qui avaient secoué le Cameroun.  En octobre 2012, il avait écopé de 10 ans de prison à la Cour d’Appel du Littoral agissant contre les décisions de condamnation à vie du tribunal de grande instance de Nkongsamba.

Dans cette affaire, il était accusé d’avoir détourné un montant d’un peu lus d’un million de nos francs. C’était dans une histoire d’adduction d’eau et de l’électrification de la maire dont il était le premier magistrat. Il y avait aussi un aspect lié à une supposée location des engins de la commune à la commune voisine de Dibombari.

L’avocat de Paul Eric Kinguè, Me René Manfo est toujours resté constant dans cette affaire depuis 8 ans. Il a toujours tenu un discours sur la forme. Ce sont des irrégularités qui,  si elles sont analysées par la justice et en conformité avec la loi, donneront lieu à l’annulation de la procédure : « mon client a été arrêté et mis en détention à Nkongsamba sans mandat d’incarcération. Il a été condamné à vie à Nkongsamba sans avoir été cité à comparaitre. Il n’a jamais été signifié des charges portées contre lui » a –t-il toujours expliqué.

‘’Procès politique’’

Quand il est arrivé à Paul Eric Kinguè de parler à la Cour d’Appel du Littorale, l’ex-maire a toujours dit être victime d’un acharnement des multinationales et des lobbies qui les accompagnent. Le désamour est né de son désir de voir la Société des Plantations du Haut Penja payer des impôts après exploitation des terres du Mungo. Ils croyaient aussi que les indigènes ne profitaient pas assez des fruits de leurs terres.

L’an dernier, le Groupe de Travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires et forcées avait dénoncé justement la détention de l’ex-maire de la commune de Njombé- Penja. Paul Eric Kinguè après quelques formalités d’usage, il va retrouver ses proches et faire le deuil de son fils et de son frère ainé tous décédés, alors qu’il était à la prison centrale de New Bell à Douala.

 

 


 

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