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Les compartiments.

La chefferie supérieure Bafut, située à une trentaine de minutes à vol d’oiseau de Bamenda, la capitale régionale du Nord-ouest, s’ouvre sur une cour spacieuse. Cette surface héberge chaque année au mois de décembre, une fête annuelle. Durant cette rencontre, les fils et filles Bafut organisent plusieurs rituels. Des danses, mais aussi des sacrifices, pour honorer la mémoire des ancêtres. A l’entrée de la chefferie, un gigantesque tam-tam sert de moyen de communication. Il permet notamment d'annoncer les messages les plus importants comme l’arrivée d’un invité de prestige, les activités communautaires, les guerres...

A la droite de l’entrée, se trouve une tribune. Sur sa toiture en forme de sillons, on apperçoit cinq statuettes surmontées de motifs d’oiseaux. Ces sont des oiseaux royaux avec leurs ailes longues de couleur rouge et des ailes bleues et courtes. Les ailes rouges servent à décorer les rois et leurs serviteurs les plus dévoués, a appris kmeroun.com.

Au fond de la grande cour royale du côté gauche : deux grandes pierres servent de prétoire aux coupables de fautes graves dans le royaume. Ces pierres diffèrent par leurs tailles. La grande meule reçoit les hommes et la petite sert de siège aux femmes. Juste en face se posent deux fourches qui servaient de lieux de pendaison des mis en causes. Il fallait être accusé de trahison, de sorcellerie, du non-respect de la tradition et/ou bien de manque de déférence au roi. La dernière pratique sacrificielle humaine fut faite en 1910, nous a-t-on laissé entendre.

A l’intérieur de cette première clôture, un grand complexe composé essentiellement de maisons d’habitation et d’un musée. De haut, l’on perçoit à peu près 50 habitations sur trois côtés et le quatrième côté constitué par le musée royal.

Au centre de la 3ème défense, une église des ancêtres (Achum en langue locale). C’est un lieu d’adoration pour le roi, des reines et des membres de la cour royale. Mais, il faut noter que ce culte voué aux ancêtres n’élude pas la pratique d’un culte chrétien. Pour Constance Bankah, reine à la cour royale Bafut « Au-delà des cultures importées de l’Occident celui qui se détache de sa propre culture est perdu. En effet, pour savoir qui on est et où on va, il faut savoir d’où nous venons et par voie de conséquences, savoir qui nous sommes ». Elle ajoute : « l’Occident se reconnait par sa culture, certains africains veulent s'identifier à travers l’Occident. C’est une aberration ». Constance Mankah, reconnait que «les ancêtres ne sont pas des devins mais des intermédiaires entre Dieu et les hommes. En sommes, seul un esprit supérieur comme celui du roi peut intercéder auprès de Dieu pour nous».

Derrière les deux cases personnelles du chef, deux autres cases sont vouées aux sociétés sécrètes. Selon la reine, le terme sociétés sécrètes ne veut pas dire mysticisme, dangerosité... mais ce sont des lieux connus par des initiés. Ces initiations facilitent notre compréhension de la vie de même qu’elle apporte à notre existence, des bienfaits multiples à l’instar du traitement naturel des maladies tropicales comme le paludisme, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde. Il existe ensuite les cases de femmes du roi et les dépendances des enfants majeurs de la cour.

 

Le musée

Il résume les 600 ans d’existence du peuple Bafut en tant qu’entité étatique. Le musée inauguré et fait patrimoine mondial de l’humanité en juillet 2003 par l’Unesco est composé pour l’essentiel de deux compartiments.

Au compartiment supérieur de la gauche vers la droite, une chambre dans laquelle l’on retrouve tout ce qui a appartenu aux reines. Il s’agit en réalité des outils utilisés par les femmes dans leurs activités quotidiennes (houe, couteaux, marmites en terre cuite, pierre à moudre à la cuisine, pilons, mortiers, altcarafes etc.).

Du côté droit, toute l’histoire de la guerre de conquête entre les Bafuts et les Allemands. Les Allemands sont arrivés à Bafut en 1889. A l’origine, les Bafuts n’avaient pas accepté l’idée de la colonisation allemande. La résistance des Bafuts va durer 10 ans avant la conclusion de la paix. Ces reliques sont constituées pour l’essentiel d’armes à feu utilisées par les Occidentaux. Côté Bafut, il s’agit des arcs, flèches et surtout d’un grand piège en fer forgé par les indigènes qui servait à attraper les Blancs.

Juste en face, des portraits de l’expéditionnaire Dr. ZINTGRAFF côtoient ceux des chefs illustres du royaume.  Un autre compartiment en arrière décrit l’ameublement de la chambre du roi dans le passé. On y voit un lit modeste en bois transporté par le roi lors de ses différents mouvements (pycnique, guerre et voyages).

Tout à côté un compartiment abrite des statues des veuves de la cour. Les femmes des rois décédées étaient sous la protection directe du nouveau souverain. Les statues féminines portent des calebasses représentent les maternités des jumeaux.

Il existe une chambres des animaux symboles de la puissance royale : léopards, lions, buffles, et les oiseaux féroces dont l’aigle, l’épervier. Tout indigène qui parvenait à attraper un animal royal était décoré par le roi et recevait par le même fait une femme, une grande propriété et des esclaves à son service. Aujourd’hui la situation a changé à cause des risques à les pourchasser. Et puis, des espèces sont dites protégées. Une pièce voisine abrite les objets d’échange d’esclaves. C’est la salle d’esclaves.

A la sotie de cette salle, une statue de femme portant un trône. Ce trône symbolise les vertus innées concédées aux femmes par la nature. Le strict respect de ses vertus féminines apporte à l’homme, chance, longévité et succès. Cette statue a été réalisée 400 ans avant le  congrès africain de Bruxelles en prélude à la conférence de Berlin tenue de novembre1884 à février 1885.


 

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