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BUSINESS

Une étude menée par une ONG sur l’état de l’indice de pauvreté des camerounais, a conclu que 54% de personnes ne mangent pas à leur faim. Sur un échantillon de 1200 personnes interrogées entre janvier et février 2015, il y a 72% de nos ménages n’ont pas accès à l’eau potable, 9% n’ont pas du tout accès, 36% l’ont dans leur concession, 42% l’ont en dehors de leur concession et 70% se ravitaillent en dehors de leur maisons. Mais, l’ingéniosité ne manque pas. Chacun se bat comme il peut au bonheur des commerçants opportunistes.  

Tous les moyens sont bons

La ville Yaoundé s’est enrichi depuis plus de trois ans à un genre de commerce- celui de la vente des récipients d’eau de tous les calibres pour conserver l’eau. De nouveaux points d’approvisionnement ont donc vu le jour dans les artères de la capitale. Ce sont désormais des lieux agrées dans l’imagerie populaire. A Olézoa à Yaoundé,  les deux côtés de la route sont couverts de conteneurs d’eaux : bidons de 5 à 50 litres, des futs de plus de 50 à 2000 litres.

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Djoumessi Fobi Idriss, commerçants de récipients d’eau à Olézoa, connait une nouvelle activité. Ce n’est une sinécure mais il s’en tire à bon compte. Il parle d’un phénomène spontané et surtout d’opportunisme de sa part. « Nous avons profité du manque d’eau dans la ville pour nous installer au bord de la route afin d’aider les gens à faire des réserves en eau devenue rare». La grande curiosité reste pour le Yaoundéen, l’origine de ces récipients souvent gigantesque. Marc Njifack explique « ils viennent de Douala et surtout du Nigéria ». Parlant des retombées de l’activité, Idriss Djoumessi estime que le gain dépend du prix d’achat « le bidons de 20 l est acheté au prix de 1500 FCFA pour être revendu à 2000FCFA ; le fut de 205 l revient à 18 ou 20 000 FCFA après avoir été acquis est à 15 000 francs ». Dans son rayon, on trouve les contenants dont la taille varie entre 1000 à 6000 l. « le plus grand fut, c'est-à-dire celui de 6000 l est acheté à 250 000FCFA, pour être revendu au prix variant entre 300 à 350 000FCA ».

Activité fortuite, le gain est aussi imprévisible. Toujours est-il que le commerçant ne perd pas, s’il faut essoucher au prix de revient, le prix d’achat auquel on ajoute le droit de place versé annuellement à la mairie. Comme toute activité, Idriss nous révèle qu’il une saison où l’activité prospère. C’est la saison sèche, moment où l’eau tari des robinets.

Rencontré en pleine négociation, à Olézoa, Alain est un cadre de l’administration camerounaise lui aussi victime des coupures plus intempestives d’eau dans la capitale. Il explique n’avoir pas de choix. «  Je sors malheureusement du quartier Tsinga où les délestages en eaux étaient moins forts pour mon nouveau quartier- omnisport où j’ai trouvé le phénomène lancinant. Je dois acheter d’autres réservoirs pour éviter les désagréments surtout quand on a des enfants de bas âges » a t-il justifié.

 

Le problème

En janvier 1013, au plus fort de la crise le ministre de l’Eau et de l’Energie, Basile Atangana Kouna assurait les populations sur la construction imminente d’une station supplémentaire de potabilisation des eaux du fleuve Mefou comme début de réponse gouvernementale : « les travaux sont censés s’achever au mois d’août 2013. Le barrage est avancé à 70%, le local réactif est avancé à 90 % et la zone de traitement des boues est également avancée » explique le ministre. A sa suite, le directeur général de la Camerounaise Des Eaux- CDE, Jean William Sollo, va aussi semer le vent par ces propos : « Les équipements sont déjà acquis et normalement dans les bateaux. Ils seront à Yaoundé d’ici les mois de mai et avril (2013), pour qu’en août, aussi bien le barrage que la station de traitement soient fonctionnels » a t-il ajouté.

En effet, les besoins en eaux à Yaoundé sont de l’ordre de 300 000m3/ jour. Des annonces pour rien et les populations continuent le chemin de croix.


 

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