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POLITIQUE

Pour sa première étude sur la représentation féminine au sein des conseils d’administration en Afrique, la Banque africaine de développement n’est pas allée de main morte. Le continent, dernier mondial en matière de prise en compte des questions de genre dans le choix des managers, a, selon la BAD, « encore du chemin à parcourir pour s’assurer que, dans le cadre de sa croissance économique forte, ses femmes les plus compétentes figurent parmi les dirigeants ». Dans ce continent où les hommes n’accordent que peu de place aux femmes, le Cameroun pourrait bien être considéré comme l’un des plus machos. Heureusement pour le pays de Paul Biya, le classement établi dans cette étude intitulée « Where are the Women? Inclusive Boardrooms in Africa’s top-listed companies » (Où sont les femmes : les conseils d’administration des entreprises africaines cotées en bourse sont-ils prêts pour l’inclusion ?), n’a pas tenu compte du Cameroun dans son  analyse des données de 307 entreprises en 2013.

Si Elisabeth Medou Badang, directrice générale d’Orange Cameroun, et de Philisiwe Sibiya, récemment placée à la tête de MTN Cameroon font partie des  cas les plus connus en matière de prise en compte des questions de genre, les souvenirs de femmes membres des conseils d’administrations d’entreprises restent flous. La Côte d’Ivoire, souvent comparée au Cameroun, occupe le dernier rang des 12 pays étudiés par le rapport de la BAD. Ici, sur les 36 entreprises étudiées, 5,1% des femmes sont des membres de conseils d’administration d’entreprises, a-t-on par exemple lu.

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De quoi envier le Kenya (19,8%), le Botswana, (17,4%) la Zambie (16,9%) et le Ghana (17,7%), présentés comme étant les plus libéraux en matière d’ouverture des portes des conseils d’administrations aux femmes. Ils occupent respectivement les cinq premiers rangs du classement de la Banque panafricaine en Afrique. Malgré leurs efforts, MTN et Orange n’entrent pas dans le Top 10 du classement des entreprises qui possèdent le taux le plus élevé de femmes au sein de leurs conseils d’administration. Les modèles en la matière restent le kenyan East Africa Breweries (45,5%) ; et les sud-africaines Impala Platinum Holdings (38,5%) et Woolworths Holding (30,8%), fait remarquer la Bad.

 

L’Afrique, en tête des régions « émergentes ».

Avec ses 14% de femmes présentes dans les conseils d’administration des entreprises, l’Afrique arrive derrière l’Europe et ses 18% de femmes membres de conseils d’administrations, et l’Amérique, où 16,9% d’entre elles prennent part aux conseils d’administrations. Mais dans la tranche des pays émergents, l’Afrique arrive en tête. Notamment devant la région Asie-Pacifique (9,8%) ; l’Amérique latine (5,6%) ; et le Moyen-Orient, où 1% seulement de femmes étaient membres de conseils d’administrations d’entreprises au 31 décembre 2013.

Les secteurs les plus ouverts aux questions de genre sont : les secteurs des biens et services, les institutions financières, l’alimentation, et la consommation.  Les télécoms et les hydrocarbures restent encore fortement conservateurs. Dans les télécoms par exemple, seulement 9,9% des entreprises ont des membres du conseil d’administration de sexe féminin.

Même si dans les entreprises à capitaux privés camerounais, on peine encore à donner la chance aux femmes, l’administration publique pourrait bien se vanter d’avoir fait confiance aux femmes. Avec ses cinq ministres de sexe féminin, plusieurs secrétaires d’Etat, des directrices générales (comme à la Douane et à l’API) et d’autres membres de conseils d’administrations, le Cameroun n’avance pas à grands pas, mais avance tout de même. Peut-être, demain, on aura une ministre des Finances, une ministre de la Défense, ou une Première ministre. Mais d’ici à là, beaucoup d’eau aura coulé sous le pont.


 

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