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Téléphonie Mobile : Au cœur des subtilités de la 3G/4G

Les deux premiers opérateurs de téléphonie mobile vont désormais comme leur concurrent, proposer les services de la technologie 3e et 4e générations au Cameroun

Le marché de téléphonie mobile s’annonce très rude dans les prochaines années au Cameroun, en termes de concurrence. En effet, les deux premiers opérateurs de téléphonie mobile exerçant sur le marché jouissent désormais chacun de la technologie 3e et 4e générations de téléphonie mobile (3G/4G). Ils ont déboursé cumulativement la somme de 150 milliards de FCFA pour avoir cette technologie, et renouveler par la même occasion, chacune sa licence d’exploitation de la téléphonie mobile. Selon Jean Pierre Biyitti Bi Essam, ministre des Postes et télécommunications, le leader de la téléphonie mobile, MTN Cameroon payera son montant en trois mensualités sur une durée de 6 mois. Le premier payement a eu lieu mercredi dernier et le deuxième est prévu pour le 11 avril 2015, alors que le dernier sera fait le 11 septembre de cette année.

Les deux nouvelles licences ont une validité de 15 ans, soit couvrant la période allant du 15 février 2015 au 15 février 2030. « La convention de concession que nous signons ce jour, va apporter plus de modernité, de richesse et de progrès aux populations du Cameroun. Nous avons bon espoir qu’elle améliorera l’attractivité du pays pour les investisseurs étrangers, et contribuera à maintenir le Cameroun sur le chemin de la croissance », avait mentionné le directeur général de l’un des opérateurs, au cours de la cérémonie de renouvellement de la licence d’exploitation à Yaoundé. Les deux opérateurs brisent ainsi le monopole de leur principal concurrent, Nexttel qui réclamait la prolongation de son exclusivité sur cette technologie.

Ceci étant, la 3G/4G sont deux technologies qui, d’après les experts, permettront d’obtenir des débits très élevés en comparaison aux générations de téléphonie précédentes, comme le GSM (Global System For Mobile), ou le GPRS (General Packet Padio Service) : débit 10 à 20 fois plus élevés. De même, une augmentation de 10 abonnés à internet pour 100 habitants, pourrait induire une croissance du Produit intérieur brut (PIB) par tête de 0,59%, explique le patron de MTN. L’autre avantage, c’est qu’une une pénétration poussée d’internet pourrait doubler des emplois directs et indirects générés par le secteur des télécommunications en Afrique à l’horizon 2020, explique, l’Association des opérateurs mobiles (GSMA). Pour Jean Francis Ahanda, expert en télécommunications, il est clair que cette nouvelle technologie va changer les habitudes des consommateurs, d’autant plus qu’elle facilite la navigation sur internet, permet de lire des mails, partager des photos, échanger sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Les abonnés pourront également, « regarder des vidéos Youtube, avec une fluidité égalable à un accès internet fixe », précise l’expert, précisant qu’il est désormais possible d'utiliser la 3G sur un ordinateur grâce à une clé 3G.

Climat des affaires

Par ailleurs, les deux opérateurs veulent se servir de cette technologie (elle fournit l’accès à l’internet mobile à haut débit aux ordinateurs portables, avec modems sans fil, aux Smartphones et à d’autres dispositifs mobiles NDLR), pour développer l’internet mobile qui est aujourd’hui un outil essentiel pour les économies modernes. Mais aussi, améliorer le climat des affaires au Cameroun en matière de communication, offrir un meilleur accès à la connexion internet, etc. Les autres secteurs de la vie nationale tels que l’éducation, la santé, la banque, le commerce et toute autre activité nécessitant un support technologique de haut débit de transmission de données seront aussi pris en compte dans l’exploitation de la 3G. En effet, selon les prévisions des opérateurs de téléphonie mobile, l’activité 3G/4G devrait entrainer la création d’un millier d’emplois directs et de centaines de milliers d’emplois indirects, au cours des 15 prochaines années. Mieux, « elle pourrait à terme représenter 6%des recettes de l’Etat et apporter un supplément de croissance annuelle d’environ 1,60% au PIB du Cameroun », prévoient les responsables des sociétés de téléphonie mobile. Relevant que la licence 3G/4G, leur donne aussi la possibilité de déployer la fibre optique à l’intérieur des villes et entre des villes, mais dans le cadre d’un même département.

Compatibilité des téléphones

Toutefois, il faut relever que tous les téléphones portables ne sont pas compatibles à ce type de technologie. Il faudra donc consulter la notice de son mobile, afin de s’assurer de sa compatibilité. Idem pour les clefs internet. « Pour le consommateur, il faudra avoir un mobile compatible pour pouvoir en bénéficier. Mais, du point de vue du service, la 4G c'est juste la possibilité d'offrir des débits de l'ordre du triple d'un réseau 3G », explique Jean Francis Ahanda. L’autre point d’ombre, c’est la fluidité de la connexion internet. D’après les experts, le monopole de la fibre optique détenue par la Cameroon Telecommunications (Camtel), ne donne pas la possibilité aux consommateurs de jouir pleinement de la 3G/4G. « Donner une licence 3G aux opérateurs sans que Camtel qui a le monopole sur la fourniture de gros de l’accès à la fibre ne baisse ses tarifs pour les opérateurs, revient à faire la moitié du travail. Car, sans cela, les prix ne peuvent pas véritablement baisser. Et, avec la seule liaison SAT3 en service, nous sommes plus vulnérables en cas d'incident sur ce câble sous-marin », explique un expert en télécommunications.

Les nouvelles concessions octroyées par l’Etat pour l’exploitation de la 3G, intervient à un moment où MTN Cameroon revendique une hausse de son portefeuille clients. Le nombre de ses abonnés se situait, au 31 décembre 2014, à 9,7 millions, soit une croissance de 10,9%, par rapport à 2013, selon les résultats de la multinationale pour l’année 2014, publiés mercredi 04 mars 2015, en Afrique du Sud par le groupe. S’agissant des parts de marché, il ressort que la filiale du groupe sud-africain, a consolidé son leadership sur le secteur camerounais des télécommunications, avec 59,4% de part de marché. Soit 0,1% de plus qu’en 2013. S’agissant de son chiffre d’affaires, il se situe autour de 283,3 milliards de FCFA et connait une hausse de 6,9% de ses revenus. Ce, grâce à une variété d’offres dynamiques et de services à haute valeur ajoutée adressés à la clientèle d’élite et aux jeunes. Par ailleurs, l’opérateur a conquis au 31 décembre 2014, 1,6 million d’abonnés Mobile money, poursuivant ainsi son œuvre pour l’accroissement permanent de son parc, et du volume des transactions. Au niveau des investissements, souligne le communiqué, plus de 39,5 milliards FCFA ont été investis dans l’extension du réseau, avec la mise en opération de 191 nouvelles stations relais, l’amélioration considérable de la qualité de ses services, en vue d’une meilleure fluidité sur les sites de grand trafic. Un leadership que l’entreprise compte garder avec l’acquisition de la 3G. Mais, la concurrence s’annonce rude dans ce nouveau filon. Car, chaque structure est engagée à mettre toute son artillerie en œuvre pour se positionner leader dans les services 3G, qui, ont commencé à inonder les affiches publicitaires. La bataille est ouverte...

 

altChristian Happi


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