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BUSINESS

Détournements, mauvaise gérance et arnaques, les problèmes  minent cette profession qui finance pourtant plusieurs millions de micro projets au Cameroun sont nombreux. L’Anemcam (Association Nationales des Micro finances du Cameroun) veut lutter pour rapporter du crédit dans les caisses et au sein de la profession

Lucas_Samo_Pdt_ANEMCAMMalgré un Pib en légère régression, l’activité économique au Cameroun, surtout au sein des agents du secteur informel est en pleine effervescence. Selon M. Ongolo Maxim, chef de cellule de la promotion et de l’encadrement de la micro finance au Ministère des Finances, le Cameroun compte 500 établissements de micro finance agréés. En 2008 par exemple, ces établissements ont encaissé plus de 250 milliards de francs Cfa en termes de dépôts et ont versé près de 140 milliards, en termes de crédit. Sur l’ensemble de l’activité bancaire, les micro finances s’arrogent 10%. Ce qui fait de la micro finance une activité importante pour le tissu économique camerounais.

Mais ces dernières années, la profession a montré ses faiblesses. Surtout au niveau de la gestion et de la sécurité des épargnes des clients. Le scandale de la Compagnie Financière de l’Estuaire (Cofinest) associé aux grands détournements observés ici et là au sein des micro finances sont encore gravés dans la mémoire collective des camerounais. Monsieur Owona, cadre dans un établissement de micro finance connaît bien ces cas de détournement. Lors d’un contrôle de routine dans une de leur agence à Douala, il a découvert des activités suspectes dans les comptes. « Nous avons fait des vérifications et nous nous sommes rendus compte qu’il s’agissait d’un détournement. A ce jour, nous n’avons pas pu mettre la main sur celui qui occupait ce poste avant »,   confie-t-il. Son ancien chef d’agence serait parti avec plusieurs millions de francs d’épargnes des clients.

Autre problème, celui des agréments. A la suite des détournements et autres malversations enregistrées dans le secteur, la solution du ministère des Finances avait été de suspendre les agréments et de permettre aux établissements déjà reconnus d’assainir leur comptabilité. Ce qui, du point de vue de madame Ekobo Christine, est ennuyeux. Cette quadragénaire, directrice d’un établissement de micro finance est en attente d’agrément. «Nous souhaitons que la volonté de l’autorité de tutelle de donner les agréments au cas par cas soit faite. Nous ne voulons pas que les brebis galeuses n’affectent pas les autres », confie-t-elle. A travers cette suspension des agréments, le ministère des Finances veut faire endosser les fautes des uns aux autres. Et il ne faut pas que ce secteur qui couvre à lui seul une grande activité économique soit privé de ceux qui peuvent apporter plus tous simplement parce que d’autres avant eux n’ont pas pu faire leur travail.

Crise

La micro finance serait-elle en crise ? Selon monsieur , président de l’Anemcam, il n’ya pas de trous et il faut regarder de quel côté penche la balance. « Les points forts de la micro finance sont tellement énormes que les contre performances peuvent être considérés comme minimes ». Il rassure cependant que l’activité des micro finances au Cameroun sera plus sûre. « L’Etat a mis en place quatre structures d’encadrement de la profession. L’autorité monétaire qui est le Ministère des Finances, l’autorité de contrôle qui est la Cobac, il y a une autre autorité qui est le Conseil national de crédit, et enfin l’association professionnelle ».

Frégist TCHOUTA

















 

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