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POLITIQUE

Né le 7 juillet 1941 à Bamenda, région  du Nord-Ouest,  Ni John Fru Ndi est presque inconnu lorsqu’il se présente pour la première fois aux premières élections présidentielles qu’a connu le Cameroun en 1992.

Il fonde et dirige le Social Democratic Front (SDF) et dépose sa candidature aux élections présidentielles de 1992. Jouissant d’un soutien certain au sein de la population, surtout au sein de l’ethnie Bamiléké, il promet de remettre le pouvoir au peuple. Son slogan,  « Power to The People », et son logo, le poing lui permettent d’atteindre une population encore obnubilée par les désirs de changement observés dans les autres pays. Mais au cours de cette échéance électorale, l’homme du bas peuple va manquer de finesse et de diplomatie. En affichant son intransigeance avec Paris qui a fait du Cameroun sa chasse gardée, il va compromettre ses chances d’être élu président de la République du Cameroun. Sa politique populiste et populaire, deviendra un échec, et John Fru Ndi assistera à son premier coup d’état électoral.

Cette première faute politique sera le début d’une descente aux enfers du Sdf. Replié dans sa villa à Bamenda où il coordonne cependant bien les actions du parti, le Chairman se fait oublier, notamment par la presse où il communique très peu. Cette non médiatisation des actions de son parti aura des conséquences énormes pour le Sdf.  Le slogan « Power to The People », tant scandé par les camerounais va perdre progressivement sa dimension substantielle. Au sein du parti,  le « leader anglophone » du SDF va se fermer aux conseils des cadres de son parti qui tentent en vain de colmater les fissures de son mouvement. Mais loin de prêter une attention quelconque à ces têtes pensantes, l’homme qui sort « de la brousse », pour reprendre le professeur Hogbe Nlend, exclut tous ses contradicteurs sur la base de l’article 8.2 des statuts de son parti, devenu une véritable guillotine.  Bernard Muna, Kah Walla, et beaucoup d’autres cadres du parti, vont respectivement prendre la porte, et créer leur propre parti politique.

Esseulé, surtout après le décès de son épouse, John Fru Ndi sort de l’ombre. Sa politique basée sur le « Paul Biya must go » (Paul Biya doit partir) commence à battre de l’aile. Il est reçu en audience au Palais d’Etoudi par le Président de la République, et cesse d’afficher son intransigeance vis-à-vis du système en place. Celui qui n’avait jamais pris part au dîner organisé pour la célébration de la fête nationale du 20 mai, est pourtant présent au palais présidentiel.

En 2011, cet homme qui reste l’unique président que son parti ait connu depuis qu’il existe, tient encore fermement les rênes et conserve une influence certaine sur l’essentiel de ses cadres. Comme Paul Biya au Rdpc, il est resté pendant de longues années le seul à permettre que les choses bougent dans son parti. Mais les élections en cours ont aiguisé l’appétit de certains autres cadres, et John Fru Ndi devra, peut-être, passer par des primaires au sein de son parti pour représenter le Sdf.

Le très charismatique Chairman, homme courageux et « guerrier vaillant » reste un phénomène au Cameroun. Sa personnalité d’homme imprévisible, obscure et intransigeant, ressemble étrangement à celle de son mentor Paul Biya. Cerise sur le gâteau, les deux président de parti sont encore muets sur leur présentation ou non à l’élection présidentielle.

Frégist TCHOUTA


 

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