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LE MONDE

Centrafrique: Soutenabilité d’un génocide en gestation

L’on vient d’imposer un destin au peuple centrafricain. Après plus d’une année d’instabilité, la situation sociopolitique en Centrafrique reste toujours explosive. Initialement une affaire de la Capitale Bangui, ça sent l’odeur du gaz un peu partout sur le territoire. Toutes les tentatives administratives, diplomatiques et militaires pour imposer la paix ont échoué : gouvernement de transition, interventions des forces étrangères, médiations, commissions d’enquête internationale pour juger les acteurs.

Causes et conséquences du départ des soldats du contingent tchadien de la Misca en Centrafrique

Les 850 soldats tchadiens, membres du contingent de la Mission Internationale pour la sécurisation de la Centrafrique-MISCA, depuis quatre mois se sont entièrement retirés du pays. Contraint par les puissances occidentales lors du sommet Afrique-Union Européenne à Bruxelles, le président Idriss Deby Itno a précipité le retour de ses compatriotes. L’effectivité du retrait de la troupe tchadienne a été confirmée, dimanche, 13 avril 2014 par le Général camerounais, Martin Ntumenta Tchoumo à la tête de la MISCA.

A l’origine de ce retour, des accusations accablantes faisant état d’un rôle trouble joué par les militaires tchadiens. L’on parle d’une action partiale menée par ces derniers qui protègent les musulmans, et par ricochet sont permissifs aux actes de terreur perpétrés par les croyants musulmans étiquetés d’ex-Séléka-du nom des rebelles venus du Nord-est du pays, ayant porté au pouvoir l’ex-homme fort de Bangui, Michel Djotodia lors du coup d’Etat du 24 mars 2013. De plus, on les soupçonne de protéger aussi leurs ressortissants et même des Centrafricains d’origine tchadienne, au lieu de jouer le rôle d’interposition assigné aux membres de la force africaine.

Ce départ est sujet des difficultés énormes. Tout d’abord pour l’occupation de l’espace, il faut un redéploiement des effectifs jusqu’ici insuffisants. D’autre part sur le plan tactique les soldats tchadiens étaient les plus expérimentées des forces de la Misca puisque habitués à ce genre d’opération. En effet, les informations indiquent qu’une bonne partie des partants venait du Mali, notamment de l’ « Opération Serval » quelques mois plus tôt.

Les autorités tchadiennes ont mal accueilli la pression exercée sur le retrait de leurs forces lors du sommet Afrique–Union Européenne à Bruxelles. Cette expulsion était-elle opportune ? Se demandent beaucoup d’observateurs. Suffit-il de renvoyer des troupes pour protéger les survivants ? Ceux qui ont tué en premiers ne sont-ils pas ces musulmans pour lesquels on se mobilise ? Ceux qui ont voulu, permis et organisé le meurtre collectif ne sont-ils pas ces musulmans qu’on se croit obligé de défendre?

L’entrée en scène des Nations Unies

Le Luxembourg, l’Australie, la France et la Corée du Nord viennent d’avoir la tête de la Misca. L’on se rappelle qu’à peine créée la Misca avait été combattue par les Occidentaux alors qu’elle n’avait même pas eu la possibilité de faire ses preuves. Ce qui est ahurissant, c’est que certains africains continuent à croire dur comme fer que la solution des problèmes du continent ne peut venir que de l’Occident. Triste curiosité !

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La résolution 2149 adoptée le 10 avril 2014, par les quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU a réjoui les afropessimistes. Il est désormais connu que d’ici le 15 septembre prochain, 10 000 soldats et 1 800 policiers sous la bannière des Casques Bleus seront déployés en Centrafrique avec pour missions: maintenir la paix, protéger les convois humanitaires, aider la transition à préparer les élections.

Le déploiement des forces internationales, oui, mais à quelle heure ? Surtout que la participation onusienne ne sera sur place que dans six mois alors que l’insécurité est sans cesse croissante. Nous sommes unanime, l’ONU n’a pas fait grand chose depuis l’éclatement de cette crise. Pour vous et moi, ayons une raison de penser que la barbarie constatée jusqu’ici ne paie pas. Où sont les résultats des enquêtes pour savoir; qui sont les coupables?

Le retour des camps de concentrations

Lorsque la politique se nourrit d’un carburant religieux, cela donne l’allure dont s’est vêtue la crise centrafricaine. L’on est tout simplement ahuri de la rapidité avec laquelle le colorant religieux s’est mêlé au conflit dans ce pays en majorité  constitué des chrétiens. De façon triviale, les musulmans et les chrétiens ont-ils toujours vécu dans ce pays? Cela n’échappe pas à la recherche de ceux-là qui d’une part, ont le bidon d’essence et de l’autre, ceux qui ont la buchette d’allumette pour créer un pareil incendie. A Bossangoa dans le Nord-est de la Centrafrique, l’on entend ceci: «On a nulle part où aller. Nous on ne veut pas bouger. Les anti-Balaka ont dit qu’ils étaient prêts pour la réconciliation, et nous on ne va pas refuser, mais avec ce qui se passe, si ça continue on va partir». A Bangui, ça sent aussi le souffre: «Ce que les musulmans nous font avec notre pays, on a assez, on a marre». Pas de doute que la situation est plus compliquée qu’on perçoit de l’extérieur.

En pareil situation, toutes les mesures visant à réinstaurer la paix sont nécessaires. Mais pour l’option, créer des camps de concentration devant accueillir les musulmans dans leurs pays pour se soustraire de la furie des milices anti-Balaka, il y a problème:

Pour mémoire, il a été bien facile pendant la seconde guerre mondiale, d’exterminer littéralement les juifs amassés dans les camps de concentration (Auswitchs : ces formes de fours crématoires) en Allemagne.

De même, il a été aisé de massacrer les milliers de Palestiniens et Libanais rassemblés dans les camps de refugiés de Sabra et de Chatila du 16 au 17 septembre 1982 à l’Ouest de Beyrouth (la capitale libanaise).Pour le mélange explosif trois facteurs : la haine tribale des Libanais qui se sont faits instruments du massacre ; le calcul cynique des israéliens qui ont voulu, permis et organisé ; la criminalité impitoyable des dirigeants américains et Européens qui ont obligé l’Organisation pour la Libération de la Palestine-OLP à quitter Beyrouth un mois avant la date fatidique. Comme toujours, lés génocides précèdent un bouleversement, l’assassinat du président Libanais, Béchir Gemayel.

Toutefois, si beaucoup pensent que le rassemblement des populations en un lieu, permet de contrôler et d’assurer la sécurité des refugiés, force est de noter qu’il peut y avoir des failles dans le système de sécurité, et l’irréparable peut se produire.

Tout compte fait, ni l’expulsion des forces tchadiens, ni la création des camps de refugiés pour musulmans en Centrafrique garantissent à 100 pour cent la protection des civils, mais l’arrivée des forces de la Minusca (Mission de Nations Unies pour la sécurisation de la Centrafrique) dès septembre prochain se trouve très éloignée. Just Wait and See.

Augustin TACHAM


 

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