| 

POLITIQUE

Lorsque la crise économique mondiale a menacé de freiner les progrès effectués par l’Afrique en matière de réduction de la pauvreté, les filets sociaux se sont avérés être des outils efficaces pour préserver les gains réalisés. Un nouveau rapport de la Banque mondiale examine l’impact de la mise en œuvre de programmes de filets sociaux dans 22 pays d’Afrique. Cette étude montre que les filets sociaux contribuent de manière importante à la lutte contre l’extrême pauvreté et aident à promouvoir une croissance partagée.

Intitulée « Réduire la pauvreté et investir dans le capital humain : le nouveau rôle des filets sociaux en Afrique », cette étude constate que les programmes de filets sociaux  contribuent de plusieurs façons à réduire la pauvreté. Des évaluations d’impact ont ainsi montré que ces dispositifs permettaient notamment aux ménages de satisfaire leurs besoins essentiels, de préserver leurs actifs générateurs de revenus, comme le bétail, et d’investir dans l’éducation et la santé de leurs enfants.

Les données suggèrent également que les filets sociaux peuvent, à long terme, avoir un impact positif sur le bien-être des populations et contribuer de manière significative à réduire la pauvreté en permettant aux ménages les plus démunis d’effectuer dès aujourd’hui des investissements productifs. Ils peuvent aussi jouer le rôle de stimulus économique dans les régions pauvres.

Dans la plupart des pays africains étudiés, les programmes de filets sociaux ont tendance à être fragmentés et trop restreints pour permettre de protéger les populations les plus pauvres. Cependant, des pays comme l’Éthiopie, le Kenya, le Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie montrent l’exemple et sont en train de mettre en  en place des systèmes 

alt

 

de filets sociaux coordonnés à l’échelle nationale.

Alors que la majorité des programmes de filets sociaux étaient souvent axés sur l’aide d’urgence (la distribution de vivres lors des périodes de sécheresse ou d’insécurité alimentaire, par exemple),  on constate une évolution vers  des programmes de transferts monétaires plus réguliers et  plus prévisibles ou des programmes de travaux  contre rémunération qui ciblent les pauvres et les ménages vulnérables.

Les pays désireux d’adopter une approche plus systémique devront cependant s’attaquer à un certains nombres de défis tels que la nécessité d’améliorer la collecte de données, le suivi et le ciblage de tels programmes, l’objectif étant de toucher les ménages les plus nécessiteux et de développer à plus grande échelle les dispositifs existants qui ont  déjà fait leur preuve.

« Les filets sociaux ont évolué de manière différente à travers le continent africain mais sont désormais considérés comme des outils efficaces de réduction de la pauvreté », souligne Victoria Monchuk, auteur de cette étude et économiste à la Banque mondiale. « Alors que ces programmes évoluent vers des systèmes cohérents, les bailleurs de fonds devront mieux coordonner leurs efforts  et faire en sorte que ces programmes s’inscrivent dans la stratégie de protection sociale et de réduction de la pauvreté nationale de chaque pays ».

Les programmes de filets sociaux bien ciblés ne sont pas coûteux en Afrique, surtout lorsque les budgets publics s’attachent à mieux cibler les populations les plus démunies et si l’on assiste à une harmonisation et consolidation de ces dispositifs. Cependant, le soutien des bailleurs de fond demeure important pour les pays à revenu faible.

Hormis les programmes universels comme les bénéfices ciblant les personnes âgées ou les subventions générales, les partenaires au développement financent la majeure partie des programmes de filets sociaux en Afrique : plus de 80% au Burkina Faso, au Libéria, au Mali et en Sierra Leone.

À l’avenir, la découverte et l’exploitation de ressources naturelles comme le pétrole, le gaz et les minéraux dans un grand nombre de pays d’Afrique signifie que les gouvernements africains pourront augmenter leur contribution au financement de ces programmes.

En Tanzanie, par exemple, pays où des gisements importants de gaz naturel ont été découverts, le gouvernement développe à plus grande échelle des programmes de transferts monétaires qui devraient toucher pas moins de 900 000 ménages. Ceci devrait se traduire par une réduction drastique de la pauvreté.

Les pays à revenu moyen peuvent déjà se permettent de financer le développement des filets sociaux. Par exemple, au Cameroun, pays qui a augmenté son budget consacré à la protection sociale, les sommes requises pour mettre en œuvre des filets sociaux ciblant au moins la moitié des personnes souffrant de pauvreté chronique, ne représenteraient que 0,5% du Produit intérieur brut (PIB).

Des leçons à partager

L’étude précise que des évaluations d’impact sont en cours dans au moins 20 pays d’Afrique et que des pays pionniers comme l’Éthiopie, qui a mis en place un programme de filet social productif depuis plus d’une décennie, ont des expériences particulièrement utiles à partager. La Banque mondiale contribue à faciliter l’échange de connaissance en la matière non seulement au sein du continent africain mais aussi d’autres régions comme l’Amérique latine qui a beaucoup d’expérience dans ce domaine et a mis en œuvre des programmes de filets sociaux à grande échelle.


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

ad-test2

ad-test3