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La ministre des Arts et la culture  (Minac) Ama Tutu Muna est certainement dans la tourmente. Après s’être rendue compte de tomber dans propre piège, la Minac est plus que jamais résolue à tendre la perche aux artistes musiciens camerounais. En fait, tout part de l’année 2007, année au cours de laquelle la Minac décide de semer le trouble chez les artistes musiciens camerounais. Ainsi de manière unilatérale, elle convoqué une assemblée générale extraordinaire de la Cameroon music corporation (CMC) dont le chansonnier Sam Mbende a la charge de président de conseil d’administration (PCA). Cette rencontre qui voit la participation de nombreux spécialistes des œuvres de l’esprit option musicale, dont le démarrage était prévue le plutôt que possible, ne se fait pas malheureusement à temps. Ce n’est qu’aux environs de 22 heures que tout finit par commencer. La surprise ce jour là est générale. Au lieu du renouvellement de l’équipe dirigeante de la CMC, Ama Tutu Muna tente d’imposer la mise sur pied d’une autre société des droits d’auteur. Malgré quelques remous observés cette nuit là, les participants acceptent tout de même l’offre. C’est ainsi donc qu’il est décidé de la création de la société civile de l’art musical (Socam). Pour cette première manche, la Minac gagne un premier pari.  

Quelques heures plus tard,  Ama Tutu Muna ravit la vedette aux artistes, en ce sens que sa candidate Odile Ngaska dans sa double casquette de pasteur et d’ar

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tiste musicienne des chansons religieuses avait été désignée par ses pairs. Cependant, le divorce entre Ama Tutu Muna et Odile Ngaska sera prononcé en octobre 2013. Car la femme de Dieu, 

au cours d’un conseil d’administration extraordinaire de la Socam, est déposée, après  des accusations de malversations financières. Il est dès lors été décidé de la convocation d’une assem

blée générale élective de la Socam, fixée au 06 novembre 2013, mais elle va avorter, pour finalement avoir lieu le 25 du même mois.

Pour la succession d’Odile Gaska, six candidats sont en lice parmi lesquels « le Prince des montagnes » Ndedi Eyango, Roméo Dika, et d’autres artistes de renom. Après un scrutin âprement disputé, l’étape finale va opposer Roméo Dika à Prince Eyango. Seulement, la candidature de Roméo Dika, contestée par ses pairs, pouce ce dernier  à jeter l’éponge. L’auteur de « you must calculer » sera ainsi élu PCA de la Socam.  Cependant, le temps de célébrer la victoire est de courte durée. Détenteur d’une seconde nationalité américaine, en plus de sa nationalité camerounaise, Ndédi Eyango revient sur le podium. Pas pour danser, mais cette fois, pour s’expliquer. Pour trancher l’affaire, la ministre des Arts et de la culture exige à Prince Ndedi Eyango de choisir sa nationalité. Ce, par le biais d’une injonction, qui prendra aussi la direction de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun. Ce nouveau rebondissement dans l’affaire Socam vient à nouveau mettre en scène les balbutiements de la Ministre. La nationalité de Ndédi Eyango était-elle inconnue ? Pourquoi n’a-t-elle pas entériné la candidature de Ndédi Eyango au moment où celui-ci l’avait officiellement présentée ? Ama Tutu Muna tente-t-ellle d’imposer son candidat,  en usant de son pouvoir de ministre ?

Les réponses aux questions sont bien connues. Tout le monde sait que Ndédi Eyango était aussi détenteur d’une nationalité américaine. En tout cas, pas la ministre qui, pour ne pas s’arrêter en si bon chemin, et voulant prouver qu’elle était en colère, Ama Tutu Muna suspend l’un de ses proches collaborateurs, Aba Oyono,  pour n’avoir pas respecté ses recommandations lors du vote.

Cependant, de l’avis de plus d’un Camerounais averti, la Minac est tombée dans son propre piège. En ce sens qu’en voulant écarter les responsables de la CMC dans le partage du pactole issu des brasseries en matière de versement des droits d’auteur, a été rattrapée par le temps. Son mentor Odile Ngaska l’aura devancé et les seuls perdants ne sont que les artistes qui pour le moment, pensent qu’ils ne jouissent pas véritablement du fruit de leur dur labeur.

Gérard Abada


 

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