| 

SHOW BIZ

Elle aurait bien pu chanter les dessous de ceinture ou encore encenser les rondeurs des femmes et la virilité des hommes pendant leurs ébats comme le font plusieurs artistes musiciens au Cameroun. Elle aurait même pu décider de s’aligner dans ce registre à la mode qui veut que les mélomanes ne consomment que les produits dans lesquels les artistes font étalage de leur vocabulaire (riche) en expressions grossières et ordurières. Ces bric-à-brac qui louent le rôle que jouent certaines parties de notre anatomie. A coup sûr, une foule de fans auraient milité pour sa cause car ces musiques mondaines ont la côte au Cameroun. Mais bien loin de cette « tendance », Addy Russel a pensé à un cancer qui sévit dans le monde entier, l’Afrique en particulier : la stérilité. Ce mal qui est en réalité un problème social et de santé majeur. Prenant conscience de sa condition de femme et encouragée dans cette démarche par des aînés, la jeune artiste a pensé à ces femmes dont l'incapacité d'avoir des enfants aboutit souvent à la stigmatisation et à l'abandon par leur époux. Ne le chante-t-elle pas déjà dans l’un des titres de cet album de huit titres qu’elle a baptisé « Soleil levant » ? « Femme stérile, je suis  isolée, rejetée, abandonnée à moi-même ». Un opus aux thématiques liées à l'amour, aux genres, aux origines à la famille, à la justice de Dieu et à celles des hommes.

« Soleil levant » s’ouvre sur des notes de zouk avec la chanson « Emmène-moi », où Addy Russel démontre ses performances dans le chant. 

alt

La voix câline qui s’adosse sur une mélodie déjà très sensuelle devient carrément envoûtante. Un titre qui ferait frémir les inconditionnels des parfums d’Antilles. « J’ai besoin », deuxième titre de l’opus,  raconte, dans un rap chargé de messages, « l’histoire d’une jeune fille qui aspire à trouver la perle rare, le garçon idéal attentionné respectueux, amoureux et qui n’aura que d’yeux pour elle ». Vient alors le clou de l’album, la chanson phare. « Femme stérile » qui a fait couler les larmes à la jeune artiste lors de sa conférence de presse. Cette chanson est en fait l’histoire d’une femme qui a fouillé ciel et terre pour procréer. En vain. C’est aussi le calvaire de ces femmes qui n’ont jamais goûté aux délices de la procréation. Si certaines se sentent condamnés à vie à cause de ce statut qu’elles n’ont pas choisi, d’autres crient à la malchance et à la sorcellerie. Mais Pour Addy Russel « Le vrai chemin de l’espoir n’est autre que celui de Dieu ». Les paroles, la mélodie et la profondeur 

du message de cette chanson appellent à la méditation, à la sensibilisation mais surtout un appel à garder la tête haute même si, comme le chante l’artiste, « j’ai toujours aimé les enfants mais au moment de faire le mien j’apprends que je suis stérile. Ce n’est pas juste pourquoi n’ai-je pas la chance de donner naissance, je n’arrive pas à croire qu’en aucun jour on ne m’appellera maman, j’en soufre, ça me fait si mal, oui j’ai mal, je suis malheureuse ».

Amour et fidélité

Fort heureusement que la chanson « je l’aime » vient briser cette atmosphère triste pour apporter d’ambiance de night club. Un Makossa cuisiné avec des aromes de chez nous quoique l’être aimé dans cette chanson est un « homme marié ». Honneurs et reconnaissance à la communauté Bamiléké, principalement les ressortissants du département aux trois lettres : le Ndé. Le titre « An di gueu » est un véritable retour aux sources qui démontre bien qu’Addy Russel reste attaché à ses racines. Ici, elle parle de son adolescence, de ses origines et de sa famille. Viennent couronner l’album des chansons telles « Si t’es comme moi » ou encore « Tout ce qu’on fait » qui surfent entre histoires d’amour et hommes à leurs semblables. Comme à l’ouverture, « Soleil Levant » se referme sur une chanson d’amour. « Mon honey », qui est « l’histoire d’une femme folle amoureuse de son homme à qui elle promet « amour et fidélité même si un jour la vie les sépare ». Album autoproduit, Soleil levant  a bénéficié  des arrangements d’Elvis Kemayo  et de Sam Fan Thomas, est le fruit d’un travail qui a commencé en 1996 lorsque la jeune artiste compose sa première chanson.

Christian TCHAPMI


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

 

ad-test2

ad-test3