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POLITIQUE

 


Ce mercredi 17 août 2011, un nouveau candidat aux élections présidentielles d’octobre prochain s’est dévoilé. Olivier Bile, presque quadragénaire, mais d’un ton et d’une allure sûre, a présenté à la presse, sa politique, son programme.

bile-olivier« Le foyisme politique », ou la politique basée sur la foi, qu’elle soit chrétienne, musulmane, juive ou bouddhiste. Sa foi, basée sur le potentiel camerounais, l’esprit d’abnégation de ses concitoyens, puise sa force sur cette parabole célèbre : « Impossible n’est pas camerounais ». Son principe, un retour sur Dieu, fondateur de l’humanité, et un respect de la croyance, de l’église, sinon, de la religion.

Les pays scandinaves comme la Norvège, points de repère de son idéalisme politique, lui permettent de croire qu’il est possible de changer les choses maintenant. Changer, mais comment ? En luttant contre le fétichisme, le mysticisme, le sectarisme et le clanisme. Il faut renverser le système en place qui ne prône pas le mérite mais le relationnisme, éloigner les attitudes laxistes pour installer un système compétitif et ouvert, où les égalités, notamment l’égalité de chances seront les chevaux de bataille.

Pour cela, il se fixe un délai, l’horizon 2025, pour atteindre ses objectifs. Grâce aux 20 000 milliards qui proviendraient des mobilisations d’épargnes populaires et du lancement d’emprunts obligataires de grande envergure, il procèderait à une véritable révolution du village, ceci dans l’objectif d’encourager les camerounais à la pratique de l’agriculture.

Ce programme, fort ambitieux, reste cependant emprunt d’une naïveté qui tranche bien avec son âge, et son expérience dans cette « politique d’amitiés et de parrainage ». Car quel que soit le programme de tout candidat, le système des alliances extérieures est incontournable. Dans un Cameroun qui occupe désormais le premier rang sur le plan économique, et surtout politique en Afrique Centrale, le désormais nommé « Président » semble oublier la mainmise certaine de Paris sur l’Afrique centrale et le statut de chasse gardée qu’occupe le Cameroun dans le cœur de la France. Olivier Bile qui n’a aucun soutien extérieur, et qui ne donne pas l’impression d’avoir rencontré un seul chef d’Etat qu’il soit d’Afrique Centrale, d’Afrique tout court ou d’Europe, surf sur une vague inconnue.

Olivier Bile incarne-t-il la foi politique qu’il prône ? Est-il un adepte de cette nouvelle vague de convoyeurs des millions offerts aux candidats pour l’organisation de la campagne ? Veut-il se faire connaître des grands décideurs de ce pays pour un éventuel positionnement lors du prochain remaniement ministériel? Ou est-il ce simple lambin chargé de faire diversion ? Les jours prochains le diront. Mais déjà, la cérémonie de dédicace de son livre programme « Le temps du foyisme politique », publié chez Renaissances Africaines, qu’il a organisée à cet effet, lui a bien permis de se rendre compte de l’accueil de son programme. La salle vide aux deux tiers, justifiée chez lui par l’état d’embrigadement intellectuel et moral dans lequel se trouvent les camerounais, est une première difficulté. Mais comme tout prophète, la difficulté est une épreuve. Cet employé de la Crtv, enseignant et chercheur, promoteur du nouveau courant de pensée basé sur la foi, comprendra que parfois la foi ne suffit pas pour soulever les montagnes.

Frégist TCHOUTA


 

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